Vers

samedi 10 novembre 2007

Portrait 6

Le dindon

Cahotant bedonnant
Dindon dompté allant
Droit bon en mal en
Et plutôt par devant

L’animal encrêté
Bec devant entêté
Chairs flasques étirées
Pendouillant de côté

Ouvre toujours la marche
Bras ouverts comme une arche
Protégeant de la hache

Les dindonneaux hâtifs
Qui d’un pas décisif
Partent à l’aventure

Tels de jeunes Sisyphe
Dont la pierre sous les ifs
Se transforme en voilure

Portrait 5

La vipère

En cercles concentriques et ondulatoires
La vipère resserre ses anneaux de moire
Se glissant par vagues infimes et rampantes
Dans les lacis inexplorés de nos étés
Elle décuple ses secrets
Pour ses victimes assassinées
Pour ses désirs réalisés
Elle file et vibre enturbannée
Elle chuinte des colères
Elle blasphème des poèmes
Elle scintille en parfums âcres
Elle frémit de tout son sang
Et elle ondule sous le vent
En claquant comme une oriflamme
Elle se décline comme femme

Portrait 4

La paonne

Arrivant pesamment
Pareille à un canard
Paré superbement
D’un air goguenard
Fait son entrée devant
Un parterre de jars
La paonne qui en se pavanant
Leur lance un regard assassin
Qu’ils ne relèvent point
Trop occupés à jaboter à tout venant

Portrait 3

La pie

La Pie comme un corbeau
D’opérette glisse et
De place en place l’oiseau
Dans sa cervelle percée
Concocte incognito
Croit-il son envolée
Son ultime sursaut
De vie qu’il voit briller
Dans le miroir de ses rêves brisés
Comme tous les objets subtilisés
Au cours des ans passés…
Excusez la pie ne fait que passer !

Portrait 2

La fouine

A petits pas comptés
La Fouine sort son nez
Humide du terrier
Elle fait aller sa tête
De droite à gauche certes
Comme une sotte bête
Plisse ses yeux chafouins
Afin de fouiller loin
L’horizon mais en vain
Ne pouvant aux savants
Exposer savamment
Ses contes de moulins à vent